Approcher du seuil TVA est souvent le moment où la question de la structure juridique se pose sérieusement. Micro-entreprise, EURL, SASU — chaque forme a ses avantages et ses contraintes. Voici le comparatif centré sur le contexte TVA.
La micro-entreprise et ses limites au-delà du seuil
La micro-entreprise est simple et peu coûteuse à gérer. Mais elle a des limites importantes :
- Le régime micro-fiscal (abattement forfaitaire) peut devenir défavorable si tes charges réelles sont supérieures à l'abattement (34 % en BNC, 50 % en BIC services)
- La TVA est gérable en micro, mais sans déduction des charges réelles, l'optimisation est limitée
- Au-delà de 37 500 € de CA en services, la TVA s'applique mais tu ne peux pas déduire tes achats comme en régime réel
L'EURL : l'option flexible pour les solistes
L'EURL (SARL unipersonnelle) offre :
- Un régime réel d'imposition : toutes tes charges sont déductibles du résultat
- La récupération de TVA sur tes achats professionnels
- Une séparation patrimoine perso / patrimoine pro
- Des cotisations sociales TNS (Travailleur Non Salarié) : environ 45 % sur la rémunération, mais calculées sur le résultat net, pas le CA
L'EURL est souvent pertinente à partir de 50 000-60 000 € de CA, selon le niveau de charges.
La SASU : plus de protection, plus de coût
La SASU est une SAS unipersonnelle. Avantages :
- Statut de dirigeant assimilé salarié : cotisations sociales au régime général (plus élevées ~82 % du net). Attention : le président de SASU ne cotise pas à l'assurance chômage et n'ouvre pas de droits aux allocations France Travail — une assurance perte de revenu privée (GSC, Appi) est possible mais facultative
- Flexibilité dans la rémunération (salaire + dividendes)
- Image plus structurée pour certains clients B2B
⚠️ La SASU coûte plus cher à gérer (comptable obligatoire, formalités plus lourdes) et les cotisations sociales sont plus élevées. Elle n'est généralement intéressante qu'au-delà de 80 000-100 000 € de CA.
Le point commun : la TVA est identique dans toutes les structures
Quel que soit le statut, les seuils TVA sont les mêmes en 2026 : 37 500 €/41 250 € pour les services, 85 000 €/93 500 € pour le commerce. La structure juridique ne change pas l'obligation TVA — elle change le mode d'optimisation des charges et de la rémunération.
Ce qu'il faut retenir
La décision de changer de structure juridique au moment de la bascule TVA doit être prise avec un expert-comptable sur la base de tes chiffres réels. La TVA en elle-même ne justifie pas forcément le changement de structure — mais elle en est souvent le déclencheur dans une réflexion plus globale d'optimisation.
Sources : Comparatif statuts juridiques — Seuils 2026 : services 37 500 €/41 250 €, commerce 85 000 €/93 500 € — urssaf.fr, infogreffe.fr